Démarche
Françoise de Felice peint à l'huile sur toile. Son style est né, dit-elle, « du hasard et du vouloir confondus » : une coulure accidentelle a ouvert la voie à un traitement fait de fondus presque liquides que vient contredire un tracé fin mais précis. De cette tension entre le flou et le net vient l'atmosphère suspendue de ses toiles. Le motif est presque toujours féminin. Des figures de femmes, souvent isolées de tout décor, parfois accompagnées d'animaux, de fleurs, d'étoffes, d'ombrelles ou de natures mortes, occupent le centre de la composition et regardent le spectateur de face. Sa palette associe les tons pastel à des accents lumineux d'or ou de rouge vif, et son vocabulaire se nourrit de l'histoire de la peinture occidentale — les roses de Tiepolo, la lumière de Vermeer, les visages de la Renaissance. L'artiste revendique une peinture introspective, « manière d'auto-analyse » : un univers d'enfants, de doubles et de figures qui reviennent d'une toile à l'autre comme les personnages d'un même roman intérieur. Elle en parle comme d'une réserve d'images intimes : « C'est une boîte de Pandore d'où surgissent tous mes rêves… ». Les yeux de ses personnages ont pour elle une valeur métaphysique et cherchent à transcender l'ordinaire ; s'y mêlent la mythologie, une part de noirceur et une quête de l'éthéré. La douceur apparente y côtoie donc une inquiétude sourde, et c'est ce double registre — délicatesse et assurance, beauté et mélancolie — que ses commentateurs relèvent le plus souvent.
Biographie
Françoise de Felice est née à Paris en 1952, d'un père d'ascendance italienne et d'une mère française. Elle passe à Paris ses vingt premières années. Enfant, elle est initiée à l'art graphique par sa grand-mère, qui avait fréquenté un atelier de publicité à l'époque du Chat Noir, attenant à celui de Fernand Léger. Parallèlement à des études à la Sorbonne, elle suit les cours des Beaux-Arts en auditeur libre. Sa première approche est celle de l'impressionnisme, qu'elle décline sous toutes ses formes jusqu'en 1982. Elle quitte alors la France pour la Sicile, terre de son ascendance paternelle, où l'impressionnisme français ne lui suffit plus : les splendeurs du baroque sicilien et la lumière de l'île l'amènent à construire un langage qui lui est propre. Après plusieurs allers-retours entre la Méditerranée et la France, elle poursuit son travail en France, où elle expose de façon continue. Son parcours d'exposition commence en 1976 aux Canaries, à l'Institut Hispanique, et se poursuit à Venise, Rome, Londres, Monaco, Deauville, Caen, Paris — notamment au Carrousel du Louvre en 1999 et à l'Orangerie du Sénat en 2015 — puis au Musée d'art moderne Le Ciminiere de Catane en 2006. Entre 1979 et 2016, elle reçoit une dizaine de prix et distinctions, dont le Prix Madeleine Coudrec de la Fondation Taylor en 2016. Elle est représentée par la Galerie Calderone, où elle expose depuis 2010, ainsi que par plusieurs galeries en Belgique, en Italie et en France : la Latem Gallery, Down To Art, la galerie À La Folliette, la galerie Albane et l'Antonella Scarfone Gallery.
Œuvres disponibles
22 œuvres disponibles
Expositions
1976 — 2026
Récompenses
1979 — 2016
Où voir ses œuvres
Les œuvres de Françoise de Felice sont exposées à la Galerie Calderone, 20 rue Levavasseur à Dinard, et dès l'été 2026 au 14 rue Joseph Quaranta à Saint-Tropez.























